La présence d'une jeune Norvégienne des fiords lointains, à la gorge liliale et à la virginité ductile, avait été pour quelque chose dans l'éréthisme d'improvisation de l'irrésistible ténor léger de "nos derniers salons littéraires". En conséquence, il se réconfortait d'un peu de sommeil, après cette lyrique dispensation de son fluide. Léon Bloy. Tout ça à cause d'une pipe. Même à moi, ça me paraît encore incroyable... Mais laissez-moi vous expliquer. Je sus tout de suite que quelque-chose n'allait pas. Avant même d'avoir franchi le perron, en vérité. Je crois que c'est à l'approche de ma demeure que je commençai à avoir des palpitations. La pelouse semblait anormalement belle. Je n'ai jamais eu la main verte, et pour tout dire ne m'en suis jamais attristé : on ne peut pas tout avoir. Or, il me semblait que l'herbe était un petit peu trop verte, ce soir là. 'Certainement', me dis-je, 'la luminosité du crépuscule me joue des tours.' Mais encore, les contours du logis familial semblaient trop nets, les angles trop arrondis. Je décidai cependant de mettre cela sur le compte d'un déjeuner d'affaires un peu trop arrosé et tatonnai un moment avant d'ouvrir la porte. Il faisait bon, chez moi. Bon, voire presque chaud. J'haussai les sourcils, agrablement surpris, voire tout à fait choqué. Cela faisait bien six mois que je m'échinais à écrire des lettres fleuves à la compagnie de gaz, en vain. Je décrochai ma parka et l'envoyai d'un geste leste sur le porte-manteau, finalement de bonne humeur, quoiqu'exténué par ma journée. La chevelure de mon épouse dépassait légèrement du canapé, comme un mince filet de feu. Je me mordis les lèvres. Nous étions encore somme toute des jeunes mariés, et la passion ondulait toujours entre nous comme un bouquet de serpents., à ceci près que nos disputes occasionnelles étaient particulièrement intenses. Mais il me faut être juste. Ma chère et douce C... était une femme aimante et attentionnée. Elle souffrait simplement, parfois et à degrés variables, d'irrépressibles crises . Du reste, j'en avais pris l'habitude... Et pourtant, je me surprenais chaque soir en rentrant à appréhender le premier contact, à prier pour que le voile de la réalité ne se fut pas déchiré en mon absence. Une peu panique commençait à s'épanouir entre mes côtes comme une fleur de minuit, lorsque je pris soudain conscience que le feu de ses cheveux était plus flamboyant que jamais. Les mèches rayonnaient d'une lueur presque agressive. Un coup de folie l'aurait-elle amenée à faire une couleur ? La crise de la trentaine ? Je me raclai la gorge, et entrepris de tâter prudemment le terrain. Je n'avais aucune envie de finir sur un champ de mine ce soir. 'Bonsoir chérie', lui dis-je donc, de la manière la plus naturelle possible. A ces quelques mots tout de même craintifs, elle se retourna, le visage comme un coeur entre ses avant-bras dénudés. Je sentis mon coeur se gonfler et chasser les craintes. Bien que ma vie fût médiocre, j'avais au moins épousé la bonne personne. Je lui souris et bientôt des petits éclairs découpaient ses yeux. Elle ne soufflat mot, se releva tout à fait. Sa silhouette se détachait d'une étrange manière, et je m'aperçu vite qu'il y avait quelque-chose d'éthéré dans ses contours, quelque-chose de beau et d'innacessible. Mon hébêtement dut être tout sauf discret, car sa bouche se fendit enfin d'un sourire éclatant. Ses dents luisaient dans l'écarlate de sa bouche. Coupantes. Cassantes. Elle alla jusqu'à moi, ensevelit sa tête dans ma poitrine et s'entoura de mes bras. Elle semblait excessivement de bonne humeur. En temps normal, j'aurais immédiatement remercié le Seigneur, mais, ce soir, je me sentais plutôt mal à l'aise. Je lui caressai les cheveux en silence, les yeux dans le vague. Peut-être souffrais-je seulement d'un trouble de la vision ? A moins que ce ne fut les signes avant-coureurs d'une bonne tumeur du cerveau. Après tout, pourquoi pas ? Je n'avais rien fait de ma vie, ni réalisé mes rêves de jadis, abandonnant la plume pour une carrière de cadre, ni rendu heureuse ma femme. Alors le bon Dieu pouvait bien me rappeler à lui, je ne servais strictement à rien sur cette terre. Oxygène gâché. C'est perdu dans ces réflexions tout à fait narcissiques et puériles que je remarquai quelque-chose qui me glaça le sang. L'ordre et la propreté. Comment cela avait-il pu m'échapper ? Ma très chère C... n'avait jamais été une petite fée du logis, ce qui m'allait d'ailleurs très bien. Femme au foyer presque forcée par son.. handicap mental, elle demeurait cloitrée entre les murs de notre petite tombe amoureuse, à peindre et sculpter toute la journée. Elle avait toujours aimé la peinture, mais depuis que nous avions emménagé ensemble, c'était devenu une obsession chez elle. Elle assassinait les toiles (et les murs), les écorchait de ses ongles, de ses dents, de pinceaux épuisés et exangues de toute peinture. C'était un chaos de couleurs et de pêchés, une fresque de mille folies. Elle pouvait vomir toutes ses folies librement sur les toiles. Le résultat, tantôt hideux, tantôt stupéfiant, nous l'entreposions dans le garage, que nous avions amoureusement surnommé "la chambre d'écho".Or donc, si ma femme s'adonnait aux arts, elle n'accordait aucune espèce d'importance à sa propre personne, et ne répondait qu'à peine à ses élans vitaux. Elle ne se sustentait qu'en rechignant, et devait alors peser, ma foi, trente-cinq kilos, peut-être. C'est peu pour une femme de taille moyenne. Elle ne se lavait pas sans que je l'y contraignisse. Elle n'en ressentait pas le besoin, ni n'en voyait l'utilité. Durant ses crises, elle s'enfermait parfois des journées dans la salle de bain, à gémir, peut-être se regarder dans la glace. Je l'y retrouvais à la fin épuisée, blême, baignant souvent dans son propre urine. Elle m'enlaçait alors avec force sanglots, et une tendresse infinie. Alors, l'entretien de la maison, non, cela n'avait pas plus de tangibilité pour elle que le monde extérieur, que je lui défendais bien de voir, pour sa propre sécurité. Quant à moi, je n'avais tout simplement pas le temps. Je revenais recru de fatigue du travail, passais généralement une petite heure à la rassurer, puis une heure à la cuisine. Les bons jours, nous gagnions alors notre chambre, et oublions un peu la médiocrité et la futilité certaine de nos existences asthmatiques. Les mauvais, j'essuyais cris et injures avec une placidité tout à fait hors-du-commun. Apparente, du moins. Oh, je me doute que notre vie de couple puisse à des yeux étrangers avoir quelque-chose de profondément malsain. Mais nous nous aimions, éperduement, et c'était déjà bien assez dans ce monde squelettique. J'ai dit que la propreté et le rangement des livres dans notre impressionnante bibliothèque m'avait estomaqué. C'est vrai, on comprend maintenant mieux pourquoi. Je ne vis alors que deux raisons qui l'auraient poussée à entreprendre quelque tache ménagère, toutes les deux ausis saugrenues : Tout d'abord, la volonté de me faire plaisir. Je dis bien la volonté et non pas l'envie ou le besoin, je sais fort bien que ma femme m'était dévouée corps et âme. Seulement, quelques fussent ses intentions, elle n'avait jamais eu la volonté de les réaliser. Je ne lui en tenais aucun grief, comprenez-moi bien. Seulement, force était de constater qu'elle se contentait de survivre. Ce dont, en revanche, je lui étais reconnaissant. La seconde explication, tout aussi extraordinaire, voulait qu'elle se portât mieux. Que l'isolement dans lequel elle était plongée depuis ces années avait porté ses fruits et ratiboisé ses psychoses. Ainsi, elle aurait commencé à se réapproprier son corps et son environnement. Absurde. Et pourtant, quelqu'un était bien passé remettre un peu d'ordre dans le salon. Nous n'avions pas d'amis, et aussi peu de visiteurs que faire se peut. Nulle femme de ménage, évidemment. Mon épouse aurait hurlé à la vue d'une autre femme dans notre petit chez-nous. Sa voix eraillée et sauvage m'arracha à mes tristes considérations. - Je t'aime. Des yeux comme des méduses opiacées, voilées, éparpillées. Belle. Je lui répondis avec toute la douceur de mon coeur. C...sourit, délicieuse, et alla déposer un baiser sur mon cou. - Tu m'as manqué... Je lui sussurai qu'elle m'avait aussi manqué, plus que de raison, surpris maintenant par son entrain, sinon sa fougue. - Mon chéri. Je suis heureuse que tu sois là. J'ai fait un peu de euh, rangement aujourd'hui ! Je me suis dit que ça te ferait plaisir, de voir un peu d'ordre dans la bibliothèque ! Je manquai de m'étouffer. Depuis quand avait-elle autant parlé ? Elle emmurée dans son silence, bouche cousue par l'horreur et les peurs ? Elle souriait, m'embrassant toujours le cou, non sans une certaine hargne et passion qui commençait à réveiller en moi quelques forces bien anciennes. Etait-ce là bien ma maison, et bien ma femme ? Je doutai encore plus lorsque je sentis sa langue raper contre ma pomme d'Adam, et failli défaillir lorsqu'elle plongea dans mes yeux ses rasoirs. - Je t'aime... tu as l'air fatigué, mon chéri... Tu devrais t'assoir.. Envie d'un thé, d'un café ? Impossible. Eberlué, je dus m'y prendre à deux fois pour faire non de la tête. - Une cigarette ? Nouveau refus de ma part, de plus en plus gêné. - Une petite pipe ? Sa langue effleura mes lèvres, ses yeux flamboyaient d'envie et d'amour. Cette fois-ci, mon coeur manqua un battement. Comment aurait-elle pu savoir qu'une "petite pipe" allait changer le cours de nos vies ? Je ne sais pas ce qui m'avait le plus surpris : la proposition, totalement fantasmagorique et iréelle, le bonheur dans ses yeux ou la vulguarité même dont elle avait fait montre, et qui lui était tout à fait étranger. Je crois qu'elle prit mon hésitation pour de la timidité, car elle eut alors le plus charmant rire et me poussa jusque dans le fauteuil, doigts furetant déjà sur ma braguette. Je ne comprenais plus grand-chose, et dus paraître fort stupide la bouche bée alors que mon artiste hallucinée s'affairait sur mon entrejambe. Ca n'aurait pas du se passer ainsi. Comprenez-moi bien, ça ne pouvait pas se passer ainsi. Bien sûr il arrivait en de maigres occasions que ma femme fût plus ou moins de bonne humeur, je ne dis pas le contraire, mais là le fossé était par trop profond. Elle m'y avait précipité sans nulle mise en garde, j'étais un gamin tombé dans le plus résonnant des puits. Ma très chère C..., qui répugnait tant d'habitude à la chose, semblait maintenant y prendre un plaisir certain, presque à la mesure du mien. Je commençai à délirer alors que sa chevelure ondulait contre mes paumes. Notre salon, à cette heure empli de pleurs et de cris, se remplissait maintenant de toute une myriade de soupirs et de bruits de succions. Je nageais en plein rêve. Je me pris à me comparer à Ulysse pénétrant l'humide et spongieuse caverne de Polyphème. Je perdais le contrôle. Séries de souvenirs, je la revis peindre, avec pour tout habit des taches de sang et de peinture. Moi qui longeais les murs lorsque je l'entendais délirer, converser avec son reflet du miroir ou face à ses toiles. Fuir ce chaos qu'elle vomissait sans cesse, sans faire attention à moi le moins du monde : la folie est aveugle avant-tout. Voilà qui est bien singulier, chez l'être humain. Se perdre en de telles considérations à un tel moment ! Comprenez que mon esprit s'était déchiré, arraché da demeure de chair et de tendons. Mais je me surpris à replonger dans mon corps. Elle continuait, inlassablement, le regard empreint d'une gentilesse tout à fait extraordinaire, et c'était effrayant, cette gentillesse, c'était doux et humide, profondément bienveillant. Je ne m'étais jamais senti aussi mal. Le spasme me gagna, et je serrai fort son épaule, menue, une épaule de squelette, une épaule que j'aurais pu briser d'une simple pression. Son épaule de folle. Je fondis en elle, presque récalcitrant, partagé entre un plaisir physique jamais atteint et un assentiment tout aussi terrible. Muet, je la contemplai. J'écrasai son épaule. Je la sentis trembler alors que j'explosais.
Généreuse, elle laissa s'écouler mon plaisir le long de sa gorge contractée, dégoutée peut-être, ou même transcendée, elle était juste, visage, lumière, et aussi les cicatrices qu'avait laissé sa folie, les ongles sur son front, les traînées écarlates, les lèvres des blessures. En un mot, elle n'avait jamais été aussi belle. Je finis de jouir dans la tendresse de sa bouche. Fantasme ( d'une banalité à la mesure de la vulguarité, je l'admets) inassouvi, luxe rejeté depuis bien longtemps dans les landes infinies de la frustration et du déraisonnable, soit ma vie entière, crucifiée.
Lorsque je repris tout à fait conscience, elle me suçotait la gorge, me caressait les cheveux, collée contre moi, poisseuse d'affection ; tremblante, battante. - Je crois que je vais mieux... Mes esprits me revenaient. Elle. La maison. Sa bouche. Non. Non, elle ne pouvait pas aller mieux, comment aurait-elle seulement pu aller mieux ? Des mois, des années avaient dû s'écouler depuis sa dernière sortie. Pour son bien, je l'avais enfermée au caveau .Elle n'avait personne à qui parler, j'avais même jeté l'ordinateur par précaution.. Et puis ! Elle ne suivait AUCUN traitement. Au début, ça n'avait pas été facile. Elle avait insisté. M'avait supplié de lui laisser ses anxiolytiques. Elle s'était cousue les lèvres, grattée les seins jusqu'au sang, arrachée des tendons comme des cordes de guitare. Mais au bout de deux ans, elle était tombée dans un mutisme forcené et salvateur. Une tombe. Retombée en elle-même comme dans un puits. Pour ne jamais, jamais en ressortir. Alors comment pouvait-elle un instant croire qu'elle allait mieux ?
Si j'ai prononcé ces paroles, et si oui dans quelle mesure, je n'en sais rien. En vérité, j'étais possédé par trop de sentimets, surchargé d'émotions. Ca n'allait pas du tout. Elle me fixait toujours de ses yeux de psychothique, explosés d'instabilité, complètement hallucinés, et ses yeux contrastaient douloureusement avec la timidité de sa voix. - Je suis heureuse avec toi (ma main tressaillit à la seule mention de l'adjectif, ma gorge se noua, je sentis ma rate hurler). C'est comme si je venais de sortir d'une toile. C'est pour ça, je veux dire (ses yeux luisaient d'émotion, maintenant. Incrédule, je n'osais plus qu'à moitié y plonger mon regard terrorisé), que j'éventrais les toiles. Pour que ça sorte, que ça sorte de moi. (elle s'empara de mes bras, s'y accrochant comme à la barre d'un rafiot en pleine tempête). Amour... Elle prenait peur. Peut-être était-je blanc comme un linge, à moins que l'hideuse vérité ne commençât à faire surface dans sa mer de cauchemars. Je parvins au prix de douloureux efforts à relâcher quelques sons étranglés. D'une voix dure que je ne reconnaissais pas. - Recommence. Ses yeux éclatés. -Taille une petite pipe à ton mari, voyons, dis-je d'un air railleur voire cruel. Ca fait des années qu'il attend que ça. après on pourra baiser et avoir une vie normale si tu veux. Aller au cinéma. Fréquenter des amis. Faire comme tous les gens normaux. Tu pourras me tromper. On aura des enfants, et on divorcera. On crèvera heureux. Tranchante, ma voix. Elle me faisait horreur. Cette femme que j'avais craint toute ma vie, dont j'avais tant redouté les accès d'hystérie. Elle que j'aimais tant, comme elle était ! Elle ne souffla mot, et se remit au travail, penaude, comme si elle n'avait fait que ça toute sa vie. L'envie de me faire plaisir dépassait tout, comme c'était charmant. La salope. Je la tins par les cheveux avec bien peu d'égards. Toute douceur avait fui en moi, s'était déjà dilapidée dans ma semence. Il ne restait rien de plus que du feu. Elle me volait notre avenir. Elle me volait mon avenir, ma vie comme elle l'était, comme j'avais toujours voulu qu'elle fût. Elle ne pouvait pas me faire ça, elle ne pouvait pas guérir, elle ne pouvait pas, elle ne devait pas aller mieux, de quel droit ? Mais de quel droit ? Allais-je mieux, moi ? Allais-je un jour guérir, moi ? C'était moi le malade, au fond, moi qui resterai malade toute sa vie et cette salope redevenait normale. J'écrasai sa bouche contre moi. Brutalité. Elle vomit, j'avais cogné contre sa gorge. Ca ne m'empêcha pas de redoubler d'ardeur. Ses mains se mirent alors à s'agiter, à gigoter de façon folle. Epileptiques soubresauts. Le dégueulis brûlait, corrodait, puait les glaires. Je bandais comme un turc, continuait à la presser, à empaler cette tête de cinglée, à baiser sa santé mentale retrouvée, à baiser cette échappée du miroir ; vomissures, salissures, étranglements, je lui faisais payer, ma vie d'horreurs anéantie, tous mes espoirs aspirés avec le reste par cette sangsue névrotique. Toute ma vie, tout mon ENFER réduit à néant, tous mes espoirs de laideur et de médiocrité. J'enfonçai ma haine jusqu'à travers sa gorge, sentant la paroi craquer et se rompre contre le fascinus, et le sang, le sang bouillonnant !
Je jouis dans cette marée de vomis, de sang et de mort.
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Magnifique participation inintéressante, en osmose avec les précédentes.
L'inceste, certes. Mais l'inceste discret.
Je crois que j'abrite en mon for intérieur une part emo. Merci de vos nombreuses candidatures, qui sauront être appréciées à leur juste niveau. De la même manière, n'importe quelles suggestions de cure de désintoxication, ou de séjour thérapeutique seront les bienvenues.
Les sentiments sont exacerbés. Mais ça n'a aucune consistance.
Merci.
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J'aime beaucoup, bon assez long mais c'est juste ce qu'il faut pour appréçier pleinement ton texte
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I was once a man before I transformed into this molester, freshly deceased children You have born, torn by my rape The dead are not safe, the lifeless child corpse I will violate
Le porc bouffait. Il bouffait avec autant d'énergie qu'il n'avait pas faim. Ses mains grasses comme son cul allaient et venaient sur la table avec une avidité à peine croyable. Rien n'y échappait : viande rouge bien saignante, confiture d'oignons, bananes flambées, pots de nutella, huile de tournesol et double-hamburgers constituaient pour lui autant d'entrées. Qu'importe que tout cela n'aille pas ensemble. Les porcs se sustentent-ils ? Ils bouffent, bouffent pour se remplir l'estomac jusqu'à le faire exploser ! Le porc vomissait à tous ses repas, mais cela ne l'empêchait jamais de continuer. Vite, enfonce ta main bien potelée dans le verre de lait au miel et enfourne-la dans ce gouffre infect qu'est ta bouche. Fourres-y donc la gelée de mirabelles et une cuisse de poulet ! Et croque ! Et mords ! Avale ! Avale ! Des traînées jaunâtres dégoulinent de ses lèvres rose-bonbons. Il les ravale d'un coup de langue, d'un coup de sa langue monstrueusement disproportionnée. Le porc n'a rien à foutre de ce que pensent les autres, car cela fait longtemps qu'il a abandonné tout espoir de foutre. Alors à quoi bon ? Manger ! Manger ! Répondre à l'implacable appel du ventre ! Ca le lance, ça l'empoisonne, ce cancer qu'est la faim.
Regardez-le ouvrir son large bec ! Et il chiale. Il chiale parce qu'il sait qu'il va vomir, et lorsqu'il gerbe, ce n'est pas tant la bouffe qu'il régurgite que sa propre personne. Le porc vomit le porc de la même manière que le serpent se mord la queue ! Il se dégoûte d'avoir aussi faim et de manger si salement, mais plus il se dégoûte et plus il a besoin de bouffer pour se consoler. Les saucisses, maintenant.
Leur chair éclate sous ses dents noircies, et il avale le tout sans plus mâcher. Pas question de faciliter le travail de son estomac. Il crèvera plus vite comme ça, et les vers pourront à leur tour bouffer sa carne ! La boucle sera bouclée ! Et il restera les pissenlits à bouffer par la racine ! La mort ! Eclater, il veut éclater, imploser, se désintégrer dans la graisse et la merde. Il n'est qu'un tas de merde, et personne n'est là pour tirer la chasse. Alors les chiottes se boucheront et déborderont, et alors quelqu'un viendra les changer ! Et jeter les rebuts aux déchets ! Alléluia !
Le porc continue sa dégueulasse besogne. Il en faut bien, des comme lui. Le monde a besoin de ses monstres pour se constituer ! Grâce à lui, les gens ont bonne conscience ! Mythologie ! Ogre du XXI siècle ! Et merde ! Porc écrase sa tête dans le flan au chocolat. Il aspire le tout comme un trou noir, se lèche le visage.
Ca n'a même plus de goût à cause des sucs gastriques qui remontent ! Mais il faut manger, manger, manger, manger pour oublier, pour oublier les neiges, pour oublier le froid, pour oublier sa femme ! Plus rien à foutre ! Plus personne à foutre !
Gros porc pleure et boit ses larmes. La cuisse de sa femme dans ses mains velues, le cul bien dodu de sa femme comme un hamburger dans ses griffes,, ses courbes sous ses dents ! Ses yeux clairs sur sa langue, qui le regardent, le regardent, le regardent, et qui sont tombés dans les profondeurs méphitiques de son ventre, là où personne ne regarde, et ses yeux, SES YEUX le regardent, et il n'arrive pas à les VOMIR, il n'arrive pas à les VOMIR !
Gros porc chiale, gros porc bouffe, gros porc se lèche la gueule comme une horreur hermaphrodite, la langue de sa femme quand il l'a avalée, sa queue si tendue qui allait éclater, la langue de sa femme sur son corps, la langue de sa femme au travers de sa gorge ! Gros porc se lèche le visage, et il bande comme un gros porc, et il se mord le visage, et il se mange le visage, et gros porc s'avale, s'avale, la faim est insatiable, la faim est terrible, il faut MANGER, MANGER, MANGER. Gros porc saigne, et il avale le sang à grandes lampées. Il n'y a plus rien à manger sur la table, alors gros porc se dévore lui-même ! La bonne joue bien grasse, la langue (de sa femme) qui explose en une marée de sang, ses lèvres qui fondent comme un foie de volaille contre son palais (la langue de sa femme) ! Le monstre s'auto-dévore, se vomit et se chie en même temps, il doit MANGER et MANGER pour oublier le feu, l'accident, l'attente, le froid de la montagne, les secours qui ne viennent jamais et (le cul de sa femme) la faim, pour oublier, il faut manger, dévorer, chier, gerber, chier sa femme dans un jet bien liquide et bien bouillonnant, manger, manger pour oublier qu'Il l'a mangée...
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C'est vrai. Je ne pense pas à faire les espaces après mon copier-coller.
Merci Onze Heure.
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Un truc pervers pour la journée? Demandez à l'Oeuf Le second texte est bien, et c'est vrais que le premier est dominé par un gros pavé =/
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Au premier texte, j'aurais bien vu un Pâleur vaginale dans la rapide description du début.
D'accord. Merci, ça rentre très bien en osmose avec mon texte.
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C'est drole. Tu n'as pas du tout un style qui me rapelle Orwell. En vérité, tu me rapelle un auteur moderne. Kundera, en plus condensé et plus froid, peut être.
Ah ça pour sûr. Je n'essaie même pas d'égaler qui que ce soit. J'essaie déjà de faire mon maximum avec une syntaxe bancales et des fautes à gerber. M'enfin.
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iln'était pas question d'imitation, mais d'influence, simplement. Comme tu m'as l'air d'apprecier le speaker anglais, j'aurais pensé que ton style était trés proche du sien. Aprés, c'est un raisonnement trop hatif. Mon pseudo vient d'un roman de Schmit, mais je ne suis pas un grand amateur de ce romancier. Peut être qu'il en est de même pour toi. Peut être que tu n'as aimé que 1984 d'Orwell, ou alors que tu as tout dévoré de lui, de Down and out in Paris and London à la Ferme des animeaux.
C'était pas une accusation. Même avec influences, je ne peux me rapprocher de certains auteurs. J'ai aimé une grande partie des oeuvres de Orwell. Mais j'aime de nombreux autres romans avec des styles bien différents. J'suis pas vraiment élitiste sur le style.
[Pour Schmitt c'est La part de l'autre ? ]
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